Logo pour impression Quand les élèves se mettent en danger

Quand les élèves se mettent en danger

Les conduites à risques commencent avec le fait de se mettre en échec systématiquement à l'école et se poursuivent avec des agressions contre soi et contre les autres, des tentatives de suicide, des addictions, des scarifications, etc... Comment accompagner préventivement les adolescents pour qu'ils apprennent à prendre des risques sans se mettre en danger ? Et comment intervenir quand les adolescents se mettent vraiment en danger ?


Philippe Meirieu
accueille Elisabeth Martin CAAEE à Versailles, coordinatrice de classes et dispositifs relais, responsable d'un DU "Adolescents difficiles" à Paris XII, Patrick Pelège, psychologue, maître de conférences à l'université LUMIERE-Lyon 2, responsable du Centre Léon Bergeret, Hakima Ait El Cadi, chercheuse sur les conduites à risques des adolescents, adjointe au maire d'Avignon, déléguée à l'enseignement supérieur, à l'adolescence et à la parentalité, Maurice Charrier, Maire de Vaulx-en-Velin, en tant qu' "invité venu d'ailleurs".

MISE EN "JE"
Un documentaire d'Arielle Mémery

Les jeunes qui s'expriment tout au long de ce documentaire se trouvent dans des situations de prise en charge de leurs conduites à risques -supposées, potentielles ou avérées- très différentes. Certains sont scolarisés normalement en classe de 4ème ; ils participent à une exposition-atelier centrée sur ces conduites à risques, animée par des enseignants du collège engagés dans "l'épreuve" de leur intimité d'adolescents. D'autres jeunes ont été identifiés au sein de leur établissement, trahis par leurs résultats et leur comportement en classe ; ils bénéficient de 10 semaines de prise en charge au sein du dispositif "Relais" très fortement encadré. Certains encore, comme cette jeune fille qui témoigne anonymement, "atterrissent" au Centre Jean Bergeret de prévention des conduites à risques, pour reprendre pas à pas, avec une équipe pluridisciplinaire, le chemin d'une souveraineté de soi apaisée et projetée dans un avenir possible.

Un jeune se fait tatouer. Pendant que s'inscrit le motif dans la peau, se déroule un récit, fictionnel, qui parle de risques multiples, maîtrisés à ce qu'il paraît…. Ce récit se répète plusieurs fois, apportant à chaque nouvelle version une couleur de plus en plus gratifiante, pour finalement installer l'expérience à risques dans une légende individuelle, une légitimité tant espérée, et alors légitimer de fait, ces mêmes risques.

L'escalade -activité au programme du dispositif Relais- porte les fragilités des jeunes sur la scène sans concessions de la paroi et offre ainsi un lieu pour les combattre. C'est le temps de l'épreuve réelle renvoyant à la question de l'estime de soi et de la confiance. C'est qu'il y a cette difficulté immense à s'exprimer, à dire qui on est, qui on veut être ? Difficulté ou impossibilité que l'on retrouve au sein des ateliers de l'exposition où s'opère un apprentissage inattendu des mots, ceux qui désamorcent la colère, la douleur, la détresse. Les mêmes lors du témoignage de cette jeune fille, énoncés avec cette lucidité née de la souffrance.

Quelques jours avant, Vincent, professionnel de la montagne, était venu au dispositif Relais pour "poser le cadre" : précision, rigueur, responsabilité envers les autres. C'est le temps du possible : se projeter dans une réalité pourtant contraignante, dangereuse, exigeante. "Faire face". Au sein de l'atelier-expo, l'humour vient à la rescousse d'une envie irrépressible de fuir, de ne pas se soumettre. C'est qu'il y a cette difficulté à s'envisager autrement, à se sentir "capable", à se projeter vers l'avant, et s'affranchir une toute-puissance illusoire.

Quelques jours auparavant encore, ils s'étaient présentés au Dispositif relais, entourés de l'équipe au complet, pour "signer" un engagement sur les 10 semaines à venir. Engagement simple, précis, possible. C'est qu'Il y a cette difficulté à démêler cette pelote compacte de sentiments, de sensations, ce rapport confus et violent au monde, aux autres, à soi, qui submergent, qui figent jusqu'à la sensation de mort. C'est le temps de la conscience. Les émotions prennent forme : dans ses mandalas esquissés dans le 3ème atelier de l'exposition. La jeune fille anonyme peut regarder enfin le monde autrement ; les autres qui se sont résolus à faire face au vide, descendent la montagne en tyrolienne. L'horizon s'est peut-être ouvert.

Vidéos en ligne :

- débat 1ère partie
- documentaire
- débat 2ème partie
- invité venu d'ailleurs

Voir aussi le Questions d'Education :
"Que faire quand les ados se mettent en danger ?"

En prêt gratuit en DVD :

Pour tous
Pour les enseignants

En vente :

Télécharger le bon de commande au format PDF

En vente avec le Questions d'éducation : "Que faire quand les ados se mettent en danger ?"

Dernière modification : 15/05/2009 14:23